– Gluck et la mort de Euridice

C.W. von Gluck

Christoph Willibald von Gluck (1714-1787) est un compositeur qui a vécu au cœur du XVIIIe siècle : il naît en 1714 et meurt en 1787, à la veille de la Révolution française. Il assiste aux grands changements de son siècle, qu’il illustre par sa musique. La société se transforme et sa musique va être à la fois vivement applaudie et critiquée. Tout comme Haendel, Mozart ou encore les fils de Johann Sebastian Bach, Gluck est un musicien qui parcourt une bonne partie de l’Europe : l’Italie, l’Angleterre, et même le Danemark, avant de s’établir plus durablement à Vienne. Il fréquente les princes et les rois pour lesquels il compose des opéras « sérieux », mais ne néglige pas le public plus large, pour lequel il adapte par exemple à Vienne des opéras-comiques français, sur des sujets plus légers. Ayant conscience d’une possible synthèse des styles, Gluck écrit peu de temps avant sa venue à Paris dans la presse française qu’il veut « produire une musique propre à toutes les nations, et faire disparaître la ridicule distinction des écoles nationales ».

Orfeo ed Euridice

Gluck – conscient de son importance – se heurte assez vite aux musiciens de l’orchestre ou aux chanteurs, dont il veut bousculer les habitudes : il dit lui-même qu’il ne fait pas de répétitions, mais donne aux musiciens des « leçons » de déclamation, de chant, etc… Sa femme l’accompagne parfois, tant elle est inquiète de l’issue de ces rencontres conflictuelles. Gluck s’emporte tellement, en dirigeant les musiciens, qu’il lui arrive que sa perruque glisse et lui cache la vue !

Iphigénie en Aulide, le premier opéra français de Gluck monté à Paris, est un événement considérable. Jean-Jacques Rousseau – qui assiste à une des répétitions – adresse au compositeur une lettre admirative. Lors de la première, le 19 avril 1774, toute la cour est présente, Marie-Antoinette en tête. C’est un événement presque comparable à la création du Barbier de Séville de Beaumarchais, un an plus tard, en 1775 : l’œuvre de Gluck provoque soit le rejet, soit l’adhésion.

À partir de 1775, deux partis résolument opposés se forment : les gluckistes et les piccinnistes, ces derniers ne supportant pas la « francisation » de l’opéra italien à laquelle se livre Gluck. C’est finalement le renouveau apporté par Gluck qui triomphera, tant son influence sera grande sur de nombreux compositeurs, non seulement au XVIIIe mais encore davantage au XIXe siècle.
(Auteur : Bruno Guilois)

Probablement, l’aria “Che farò senza Euridice” de son opéra “Orfeo ed Euridice’” est un air favori. C’est le chant d’Orfeo qui perd son grand amour quand il veut la libérer. C’est plein d’émotions et de désespérance.
Ma chère mère, qui est décédée le 22 août 2019, l’a tellement aimé que je partage ici la vidéo de Gérard Lambert et moi, que nous avons présentée en l’église Saint-Nicolas à La Roche. (Concert Quattuor de 2017).
J’espère que la musique et les paroles vous toucheront

Texte italien
ORFEO
Che farò senza Euridice
Dove andrò senza il mio ben?
Euridice! Euridice!
Oh Dio! Rispondi!
Io son pure il tuo fedel!
Euridice! Euridice!
Ah! non m’avanza
Più soccorso, più speranza,
Né dal mondo, né dal ciel!
Che farò senza Euridice?
Dove andrò senza il mio ben

ORPHÉE
J’ai perdu mon Eurydice,
Rien n’égale mon malheur.
Sort cruel, quelle rigueur !
Rien n’égale mon malheur,
Je succombe à ma douleur.
Eurydice… Eurydice…

Réponds ! Quel supplice !
Réponds-moi !
C’est ton époux fidèle;
Entends ma voix qui t’appelle…
J’ai perdu mon Eurydice, etc.
Eurydice… Eurydice…
Mortel silence, vaine espérance,
Quelle souffrance !
Quels tourments déchirent mon cœur !
J’ai perdu mon Eurydice, etc.

Bonne semaine,
Marijke Persijn