– Improviser un chant à Saint Thibaut

L’improvisation

Le samedi 7 septembre, la chapelle de Sint-Thibaut était ouverte au public à cause de la Journée du Patrimoine. Ainsi, nous étions là avec nos amis et nos chiens. Le vieux prêtre m’a proposé de chanter et j’ai improvisé un chant. Quel plaisir de chanter là. J’aime cet endroit et cette chapelle. J’y ai chanté plusieurs fois accompagnée par Véronique Dupont, Peter Visser, notre Trio MaGMa et toute seule. Vous pouvez toujours trouver les vidéos que mon mari Eric van der Horst a fait de ces moments musicaux à l’ermitage.

Saint Thibaut 2014

J’ai débuté à Saint-Thibaut en 2013. Cette année, notre Trio MaGMa (Marijke Persijn mezzo-soprano; Marijke Verbeeck flûte traversière et Gérard Lambert clavecin) fera partie du BAM!Festival à La Roche. On présentera un programme avec des airs des opéras et des cantates de Bach, Händel, Lully, Pergolesi et Rameau. Il y aura aussi la Fable “Le Corbeau et le Renard” de Jean de la Fontaine mis en musique par Georges van Parys (Les Misérables) ainsi qu’une version de Marco Kalkman. Vous entendrez également la vieille chanson “Plaisir d’Amour” de Martini que vous aimez tant.

Tout à la fin, nous présenterons les quatre “Chansons d’Ardenne”, composées pour notre Trio par Peter Visser et accompagné par Marco Kalkman au clavecin de Gérard.

Et quel plaisir de vous annoncer que la peintre Daisy Hoste sera des nôtres pour exposer quatre peintures splendides qu’elle a faites, inspirée par les poèmes de Jacques Perk !

Bonne semaine à vous,

Marijke Persijn

– Ma mère m’a appris à aimer la poésie

Le 22 août 2019, ma mère, Franske Persijn-Jorritsma, est décédée. Deux jours avant son  92e anniversaire. Elle est restée avec nous très longtemps. Surtout avec moi, qui étais l’enfant aîné.

In memoriam Franske Persijn – Jorritsma

Elle m’a appris  à aimer des textes littéraires et des poèmes. Elle était ma coach personnelle et ainsi, j’ai gagné des prix lors de concours de déclamation. Et même avec deux poèmes en français de Jacques Prévert.

Notre enfance fut une belle période avec l’auteure néerlandaise Annie M.G. Schmidt qui possédait un humour splendide. Mais ma mère aimait des poètes différents. Dans son armoire, j’ai trouvé beaucoup de recueils de poésie, même en “Fries” et sud-africain.

Jusqu’à la fin de sa vie, elle a été membre d’un petit groupe où on partageait et lisait des poèmes. Enfin, on est venu chez elle, parce qu’elle ne pouvait plus sortir.

F. Persijn – Jorritsma
1927 – 2019

La semaine avant qu’elle ne décède, Eric et moi sommes allés chez elle chaque jour. Elle était claire, gentille et s’intéressait à nous, à nos enfants et petits-enfants. Je lui lisais les rimes et les vers de mon album de poésie ainsi que le poème qu’elle avait écrit dedans le 4 mars 1964. Cette poésie est basée sur un texte de la Bible de la première lettre aux Corinthien, verset 13. Je la lui ai lue. Elle me regardait intensément. Après, elle a déclamé le poème “L’amour est si grand” de Harriet Laurey. Tout par coeur!

Eric a fait une vidéo pour la cérémonie de vendredi passé (31 août). Il a mis des photos de ma mère et de notre famille dans la vidéo de notre Trio MaGMa “Eternal Source of Light Divine” (Händel). Regardez la photo où je lis des textes de l’album de poésie et à la fin de la Bible bleue.

Lors de la cérémonie, j’ai chanté “Swing low sweet chariot”, la chanson que je chantais pendant la soirée où elle est décédée…

La photo des fleurs qu’elle aimait tant

Marijke Persijn

– Gluck et la mort de Euridice

C.W. von Gluck

Christoph Willibald von Gluck (1714-1787) est un compositeur qui a vécu au cœur du XVIIIe siècle : il naît en 1714 et meurt en 1787, à la veille de la Révolution française. Il assiste aux grands changements de son siècle, qu’il illustre par sa musique. La société se transforme et sa musique va être à la fois vivement applaudie et critiquée. Tout comme Haendel, Mozart ou encore les fils de Johann Sebastian Bach, Gluck est un musicien qui parcourt une bonne partie de l’Europe : l’Italie, l’Angleterre, et même le Danemark, avant de s’établir plus durablement à Vienne. Il fréquente les princes et les rois pour lesquels il compose des opéras « sérieux », mais ne néglige pas le public plus large, pour lequel il adapte par exemple à Vienne des opéras-comiques français, sur des sujets plus légers. Ayant conscience d’une possible synthèse des styles, Gluck écrit peu de temps avant sa venue à Paris dans la presse française qu’il veut « produire une musique propre à toutes les nations, et faire disparaître la ridicule distinction des écoles nationales ».

Orfeo ed Euridice

Gluck – conscient de son importance – se heurte assez vite aux musiciens de l’orchestre ou aux chanteurs, dont il veut bousculer les habitudes : il dit lui-même qu’il ne fait pas de répétitions, mais donne aux musiciens des « leçons » de déclamation, de chant, etc… Sa femme l’accompagne parfois, tant elle est inquiète de l’issue de ces rencontres conflictuelles. Gluck s’emporte tellement, en dirigeant les musiciens, qu’il lui arrive que sa perruque glisse et lui cache la vue !

Iphigénie en Aulide, le premier opéra français de Gluck monté à Paris, est un événement considérable. Jean-Jacques Rousseau – qui assiste à une des répétitions – adresse au compositeur une lettre admirative. Lors de la première, le 19 avril 1774, toute la cour est présente, Marie-Antoinette en tête. C’est un événement presque comparable à la création du Barbier de Séville de Beaumarchais, un an plus tard, en 1775 : l’œuvre de Gluck provoque soit le rejet, soit l’adhésion.

À partir de 1775, deux partis résolument opposés se forment : les gluckistes et les piccinnistes, ces derniers ne supportant pas la « francisation » de l’opéra italien à laquelle se livre Gluck. C’est finalement le renouveau apporté par Gluck qui triomphera, tant son influence sera grande sur de nombreux compositeurs, non seulement au XVIIIe mais encore davantage au XIXe siècle.
(Auteur : Bruno Guilois)

Probablement, l’aria “Che farò senza Euridice” de son opéra “Orfeo ed Euridice’” est un air favori. C’est le chant d’Orfeo qui perd son grand amour quand il veut la libérer. C’est plein d’émotions et de désespérance.
Ma chère mère, qui est décédée le 22 août 2019, l’a tellement aimé que je partage ici la vidéo de Gérard Lambert et moi, que nous avons présentée en l’église Saint-Nicolas à La Roche. (Concert Quattuor de 2017).
J’espère que la musique et les paroles vous toucheront

Texte italien
ORFEO
Che farò senza Euridice
Dove andrò senza il mio ben?
Euridice! Euridice!
Oh Dio! Rispondi!
Io son pure il tuo fedel!
Euridice! Euridice!
Ah! non m’avanza
Più soccorso, più speranza,
Né dal mondo, né dal ciel!
Che farò senza Euridice?
Dove andrò senza il mio ben

ORPHÉE
J’ai perdu mon Eurydice,
Rien n’égale mon malheur.
Sort cruel, quelle rigueur !
Rien n’égale mon malheur,
Je succombe à ma douleur.
Eurydice… Eurydice…

Réponds ! Quel supplice !
Réponds-moi !
C’est ton époux fidèle;
Entends ma voix qui t’appelle…
J’ai perdu mon Eurydice, etc.
Eurydice… Eurydice…
Mortel silence, vaine espérance,
Quelle souffrance !
Quels tourments déchirent mon cœur !
J’ai perdu mon Eurydice, etc.

Bonne semaine,
Marijke Persijn

– Le Corbeau et le Renard lors du BAM! Festival

Jean de La Fontaine (1621-1695) est un poète français né à Château-Thierry en 1621 et mort à Paris en 1695. Il est surtout connu pour être l’auteur de très célèbres Fables.

C’est en effet en s’inspirant des fabulistes de l’Antiquité gréco-latine et en particulier d’Ésope, qu’il écrit les Fables qui ont fait sa renommée.

Lors de nos concerts des 5 et 6 octobre 2019, dans le cadre du BAM! Festval, vous pourrez écouter la fable “Le Corbeau et Le Renard”. Une fois en français dans une composition de Georges van Parys (1902-1971), que j’ai trouvée dans “Le Livre d’Or de la Chanson Française”. Gérard a fait un arrangement pour notre trio. Une fois en néerlandais dans une traduction de Marietje d’Hane-Scheltema et composé par Marco Kalkman (notre claveciniste invité).

Dans la salle de l’hôtel Floréal à 15h30.

Dans ce blog vous trouverez le texte de la fable en français. Dans le blog néerlandais en néerlandais. Sur la page anglaise en anglais.

 LE CORBEAU ET LE RENARD

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait dans son bec un fromage.
Maître Renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie, 
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Beaucoup de plaisir et bonne semaine,

Marijke Persijn

– Daisy Hoste, peintre à Enneille/Durbuy

Le prochain concert du Trio MagMa (Marijke Persijn, chant, Marijke Verbeeck, flûte traversière et Gérard Lambert, clavecin), sera un événement extraordinaire. Assisté de Marco Kalman au clavecin, des poèmes de Jacques Perk, mis en musique par Peter Visser, vivront leur première mondiale.

Le concert se déroulera les 5 et 6 octobre 2019 dans le cadre du “BAM! Festival” à La Roche-en-Ardenne. “La Passion” c’est le thème du festival; le fil conducteur qui mène à de multiples déclinaisons et l’idée à la base est “se laisser porter par l’art”. Voila les raisons pour lesquelles les musiciens ont demandé au peintre Daisy Hoste d’Enneille de les accompagner avec des oeuvres. Et, heureusement, elle a accepté l’invitation avec plaisir. Ses réalisations créeront une atmosphère accueillante dans la salle de l’hôtel Floréal où le concert se déroulera.

“Ce n’est pas parce qu’une oeuvre est belle que nous l’aimons, c’est parce nous l’aimons qu’elle est belle”, une citation de Pablo Picasso,reprise par Daisy sur son site web. Elle regarde son atelier de peinture comme un laboratoire, un lien de recherche. Le peintre pose un regard tout particulier de la réalité, et ce par un travail créatif et personnel, qui sera aussi celui de la réflexion et l’observation.

Les oeuvres de Daisy expriment le développement de son art, la polyvalence de l’artiste ainsi que le raccordement avec d’autres formes d’artisticité. Pendant plusieurs concerts du Trio MaGMa, Daisy a exposé ses oeuvres, ajoutant une expérience complète pour les visiteurs.

D’autant que Daisy ne participe plus à aucune exposition, pour cette occasion elle a accepté de contribuer à ce projet “entre aliénation et création” en combinaison avec ces poèmes en musique.

Pour plus d’info sur Daisy Hoste et ses oeuvres: https://daisyhoste.weebly.com/ et http://www.daisyhoste.net/

N’oubliez pas réserver vos tickets par ce site!

Passez une bonne semaine, Marijke Persijn

– Concerto en première mondiale et Buster Keaton!

Samedi 5 octobre 2019, 15h30.

Salons du Floréal – Avenue de Villez,6
Concerto en première mondiale, avec des poèmes de Jacques Perk mis en musique par Peter Visser avec le Trio MaGMa et Marco Kalman au clavecin. Ca tout dans un ambiance inspirant à cause des peintures de Daisy Hoste. Entrée 10 euros.
( A noter que ce concert sera rejoué le lendemain, même heure, même endroit )

Samedi 5 octobre 2019, 20h00.

En l’église St-Nicolas (Grand Rue) le film muet mythique de 1926 « Le Général » de Buster Keaton, avec le français Michel Richlinsky aux orgues monumentales. Entrée 8 euros

Assistez à ces deux concerts classiques mémorables (Trio MaGMa plus Cinéconcert) le samedi 5 octobre au prix réduit de 14 euros. Réservez vos places via info@festivalbam.be ou par sms 0495 18 37 38 – Offre valable jusqu’au 25 août.

Pour qu’un des deux concerts du Trio MaGMa et Amices, vous pouvez aussi réserver vos tickets par le site du Trio .

Bonne semaine,

Marijke Persijn

– Réservations

N’oubliez pas réserver vos places pour la première mondiale des “Chants d’Ardenne”: des poèmes de Jacques Perk mis à musique par le compositeur Peter Visser.
Le concert prendra place Samedi 5 et Dimanche 6 Octobre 2019 à 15h30 au Floréal, La Roche en Ardenne.
Vous pouvez faire vos réservations par ce lien.

– Un poème à inspirer

Ce poème est intitulé “Autobiographie en 5 actes” extrait du “Livre tibétain de la vie et de la mort” de Sogyal Rinpoché.

1. Je descends la rue. Il y a un trou profond dans le trottoir : Je tombe dedans. Je suis perdu… je suis désespérée. Ce n’est pas ma faute. Il me faut longtemps pour en sortir.

2. Je descends la même rue. Il y a un trou profond dans le trottoir : Je fais semblant de ne pas le voir. Je tombe dedans à nouveau. J’ai du mal à croire que je suis au même endroit, Mais ce n’est pas ma faute. Il me faut encore longtemps pour en sortir.

3. Je descends la même rue. Il y a un trou profond dans le trottoir : Je le vois bien. J’y retombe quand même… c’est devenu une habitude. J’ai les yeux ouverts. Je sais où je suis. C’est bien ma faute. Je ressors immédiatement.

4. Je descends la même rue. Il y a un trou profond dans le trottoir : Je le contourne.

5. Je descends une autre rue…

La semaine prochaine il n’y aura pas un blog . Nous prenons nos vacances. Nous vous souhaîtons “bonnes vacances” aussi! A bientôt, Marijke Persijn